Y a-t-il pour un sujet une juste intelligence de la jouissance ?

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Y a-t-il pour un sujet une juste intelligence de la jouissance ?

André V. L. Niffinegger

Acceptons l’hypothèse que le sujet est doué d’intelligence et comprenons le terme d’intelligence comme la faculté psychique de produire un savoir discursif rationnel sur un objet qui se présente à la conscience. Ce type de savoir, coextensif à un contenu de pensée, on l’appellera connaissance.

Avant de fixer le sens de la « juste intelligence », partons de la définition courante du terme de connaissance :

La connaissance désigne un rapport de la pensée à la réalité extérieure et engage la notion de vérité comme adéquation de l’esprit et de la chose. Par extension, le terme connaissance désigne le contenu de la pensée qui correspond à la nature de la chose visée, et s’oppose à erreur ou illusion.[1]

Une fois admis le rapport de l’intelligence à la connaissance, c’est-à-dire, que l’intelligence d’un objet est coextensive à sa connaissance, au sens de la définition ci-dessus, je propose de limiter le terme d’intelligence pour désigner la faculté de l’esprit apte à appréhender son objet par des représentations mentales symboliques non imagées, autrement dit par la pensée discursive.

Si on qualifie le phénomène d’intellection par le critère de vérité, dans le sens d’une adéquation ou exactitude de la représentation symbolique par rapport à l’objet connu, l’intelligence serait juste ou injuste. C’est-à-dire, si la représentation mentale permet au sujet d’apprivoiser l’objet au-delà de l’illusion en lui ouvrant une compréhension qui va de l’apparence vers la réalité, l’intelligence sera juste. Fixons le sens de « juste intelligence » par l’idée d’une compréhension de l’objet qui permet au sujet de le saisir comme une évidence rationnelle qui entraîne l’assentiment de l’esprit.

Par conséquent, pour qu’on puisse affirmer qu’un sujet a une juste intelligence d’un objet saisissable par l’intellect, il suffirait de prouver que le discours – un tant que chaîne signifiante prise en sa dimension diachronique – puisse représenter pour le sujet un savoir qui se rapporte fidèlement à la réalité de l’objet de son expérience. En somme, de prouver que le sujet s’empare consciemment des représentations mentales occasionnées par l’expérience et que ces représentations ont le caractère de l’évidence.

Je passe à présent à l’analyse d’une notion encore plus embarrassante : celle de la « jouissance ». Jusqu’alors, j’ai traité de l’intelligence en me servant de la notion abstraite d’objet. Pour répondre à notre interrogation, il est anodin de conclure qu’un sujet ait, ou non, une juste intelligence d’un objet. Il est impératif de rapporter l’intelligence à un « objet » en particulier : la jouissance.

D’abord, il faut simplement se demander ce qu’est la jouissance ? J’avance la conception de Robert Misrahi – philosophe qui a longuement traité du thème dans le livre intitulé La jouissance d’être – pour m’en servir comme d’un premier appui :

Nous pouvons maintenant saisir et comprendre ce qu’est la jouissance : elle est l’appréhension intuitive de soi-même comme plénitude dynamique. La plénitude est l’intuition d’autosuffisance dans une réplétion heureuse accordée à elle-même et pourtant ouverte sur son propre avenir. C’est ainsi que le plaisir d’une écoute musicale comblée ; la joie d’un échange amoureux adéquat, à la fois chair et esprit, caresse, parole et plaisir ; la joie d’une entreprise réussie ou d’une rencontre amicale ; l’allégresse d’un repas « convivial » ou d’un voyage de découverte ; la jouissance « matérielle » ou la jouissance « contemplative » – toutes ces expériences disent chacune selon sa modalité singulière, la plénitude dynamique d’une conscience qui se réjouit à la fois de son autosuffisance et de son dynamisme.[2]

Il s’agit d’une définition de la jouissance formulée à partir de la doxa au sujet de l’expérience du jouir. Apparemment, Misrahi s’était servi d’une approche phénoménologique qui lui a permis d’arrivé à une définition lapidaire : la jouissance « est l’appréhension intuitive de soi-même comme plénitude dynamique ». Cependant, elle ne prend pas en compte l’existence de l’inconscient. Il ne s’agit pas du sujet de l’inconscient et moins encore de la jouissance dont nous parle le discours psychanalytique. Misrahi le fait exprès. L’inconscient n’a pas de place dans sa pensée. [3]

En revanche, dans notre cas de figure il ne faut pas penser le terme de jouissance comme synonyme du « plaisir d’une écoute musicale comblée ; la joie d’un échange amoureux adéquat, à la fois chair et esprit, caresse, parole et plaisir ; la joie d’une entreprise réussie ou d’une rencontre amicale ». Pour une approche psychanalytique, pensons la jouissance sans mettre l’inconscient entre parenthèse. Au contraire, l’inconnu – dont Misrahi refuse de parler – est le présupposé et le fondement du discours psychanalytique. En fait, ce qui emprisonne le sujet dans un état de jouissance est toujours une stratégie liée à la dimension de ce qui est refoulé et n’accède pas facilement à la conscience réflexive. J’y reviendrai ultérieurement.

Pour ancrer l’investigation – qui est devenue plus abstraite que je ne l’espérais – profitons de l’analyse d’un cas particulier où supposément un sujet singulier est sous l’emprise d’une jouissance liée à la structure perverse. 

Contrairement à la description du phénomène de conscience décrit pour Misrahi comme « jouissance », nous ne pouvons l’appréhender en termes psychanalytiques qu’en nous écartant des notions de plaisir, joie, réussite, plénitude etc. En particulier, la jouissance perverse ne se réfère pas directement à la joie procurée par l’acte sexuel pervers proprement dit. Oublions le sens ordinaire du terme et lisons ce que Joël Dor nous enseigne à propos de ce qu’il appelle la jouissance perverse :

De toute évidence, le lieu de la jouissance perverse vient se loger dans cet entre-deux [rendu possible par la médiation du tiers complice][4] où le pervers affecte d’éprouver l’enjeu psychique qui constitue son épine dorsale : d’une part, la prévalence de la loi de son désir comme seule loi possible du désir ; d’autre part, la reconnaissance du désir de l’autre comme instance venant médiatiser le désir de chacun. 

Au regard de ces deux options, la jouissance perverse procède d’une stratégie de conciliation impossible dont l’intérêt essentiel est d’éveiller la conviction auprès d’un tiers qu’elle ne l’est peut-être pas et, du même coup, de l’y capturer. Le pervers est ainsi conduit à poser, d’abord, la loi du père (et la castration) comme une limite existante, afin de mieux démontrer, ensuite, qu’elle ne l’est peut-être pas puisqu’on peut toujours prendre le risque de la franchir. C’est dans la stratégie de ce franchissement que le pervers s’offre le bénéfice de sa jouissance. Toutefois, la volupté du stratège ne saurait être acquise sans la complicité (…) d’un témoin qui assiste, médusé, au tour de passe-passe fantasmatique dans lequel s’enferme le pervers vis-à-vis de la castration. [5]

L’auteur met en relief la stratégie de conciliation dont se sert le pervers pour se loger dans un « entre-deux »[6]. Selon sa théorie, le pervers, dans l’agir nécessaire à l’épanouissement de sa jouissance, fait de la transgression et du défi ses instruments favoris, ce qui lui permet d’exorciser l’angoisse de castration, mobilisée par la différence des sexes. Néanmoins, cette stratégie rend le pervers prisonnier d’une économie désirante impossible. En effet, l’enjeu qui l’anime le conduit toujours à tenter de prouver l’existence d’un au-delà de la différence des sexes. Finalement, toute la jouissance du pervers est orchestrée à la mesure de cet enjeu.[7]

Pour démontrer ce type de jouissance, Joël Dor cite un exemple de l’agir pervers en évoquant la « mésaventure survenue à un analyste victime d’une machiavélique intrigue perverse »[8] de la part de son patient. Cet analyste, témoin auditif des minutieuses descriptions des transgressions impressionnantes, parfois criminelles, est mis dans une complicité secrète[9] qui a procuré à l’analysant un espace de jouissance au lieu de son traitement. Malgré tout, la cure s’est poursuivi jusqu’au moment où l’analyste a estimé que le débordement de jouissance conduisait à une menace de danger et s’est permis d’être directif. C’était le signal attendu par l’analysant pour mettre la touche finale à son entreprise perverse. Il a révélé peu à peu l’identité des personnages de ses mésaventures. Dès qu’il a présumé que l’analyste était prêt à une ultime révélation, il a dévoilé l’identité d’une de ses partenaires sexuelles les plus dépravées et lubriques : elle n’était autre que la fille de l’analyste.[10]

Bien évidemment, la lecture de ces morceaux choisis de l’œuvre de Joël Dor ne suffit pas à nous rassasier. Au contraire, elle soulève encore plus d’interrogations dans l’esprit. Néanmoins, sans la prudence de ceux qui tâtonnent dans le noir, je me hasarde à avancer que la jouissance est le signe – une sorte de tension psychique – qui révèle un accord entre des schémas inconscients qui éloigne le sujet de l’angoisse de castration et les stratégies symboliques (transgression, défis, etc.) qui conduisent le sujet à reproduire, dans le drame de ses rapports imaginaires à autrui, ses fantasmes pervers. Tout compte fait, la jouissance c’est l’état psychique qui entraîne une tension traduite par la souffrance[11] et qui correspond au fonctionnement de l’appareil psychique dans une structuration signifiante qui, par le défi et la transgression, assure le désaveu de la castration.  

Finalement, après avoir ébauché les termes de juste intelligence et de jouissance, cruciaux à notre interrogation, je reviens à la recherche d’une réponse à la question sur la possibilité, pour un sujet, d’une juste intelligence de la jouissance. Pour y arriver, on est obligé de se demander quelles sont les conditions de possibilité de l’intellection pour un sujet.

Commençons pour rappeler que le sujet ne peut advenir, ou être, sans la parole, plus précisément, qu’il est un effet du jeu des signifiants. En empruntant le néologisme de Jacques Lacan, il s’agit d’un parlêtre. Par conséquent, il ne pourra acquérir de la science qu’en obéissant à la structure langagière qui lui donne existence. Or, la juste intelligence ne peut pas s’exonérer du discours rationnel, c’est-à-dire, du système des signifiants. Pour quelle raison ? Parce que le sujet existe[12] comme effet du langage, comme effet de l’articulation des signifiants à partir d’une structure soumise à des lois linguistiques.

J’ajoute l’idée que ce sujet, effet des signifiants, est toujours le sujet de l’inconscient. Voyons la raison qui me pousse à lancer cette idée apparemment contre-intuitive, mais évidente à partir de l’expérience psychanalytique. En effet, dès que la pensée ou la parole se produit, le défilé de la chaîne signifiante conditionne la représentation d’un sujet toujours inconscient. Si on réduit ce phénomène linguistique à sa description minimale, j’avancerai, en reprenant la formule de Lacan, qu’un signifiant représente un sujet pour un autre signifiant. Autrement dit, un signifiant « maître » – qui commande la direction de la parole – représente un sujet, hors conscience et hors langage, pour un autre signifiant, celui-ci lié à la dimension du savoir[13], c’est-à-dire, à une façon de répondre au commandement du signifiant qui est en position de maîtrise du discours et qui « cause » un sujet. Comme le sujet qui parle ne sait pas d’où vient le savoir qui informe son choix des signifiants qui s’enchainent diachroniquement, il est divisé ; il n’a pas accès au savoir qui le fonde, ce qui permet de dire qu’il y a toujours pour le sujet une route barrée, qu’il est finalement un sujet barré.

Lacan affirme que « l’inconscient, à partir de Freud, est une chaîne de signifiants qui quelque part (sur une autre scène, écrit-il) se répète et insiste pour interférer dans les coupures que lui offre le discours effectif et la cogitation qu’il informe ». [14] Dans cette conception, le terme crucial est le signifiant. Lacan affirme que les mécanismes décrits par Freud comme ceux du processus primaire, où l’inconscient trouve son régime, recouvrent les fonctions qui déterminent les effets du langage, nommément la métaphore et la métonymie, autrement dit les effets de substitution et de combinaison du signifiant dans le discours. [15] Une fois admis que le sujet de l’inconscient est un effet de ce processus langagier, il est légitime de se poser, avec Lacan, la question suivante :

La structure du langage une fois reconnue dans l’inconscient, quelle sorte de sujet pouvons-nous lui concevoir ? (…)

A savoir, la juste façon de répondre à la question : Qui parle ? quand il s’agit du sujet de l’inconscient. Car la réponse ne saurait venir de lui, s’il ne sait pas ce qu’il dit, ni même qu’il parle (…).

(…) il nous faut tout ramener à la fonction de coupure dans le discours, la plus forte étant celle qui fait barre entre le signifiant et le signifié. Là se surprend le sujet qui nous intéresse puisque à se nouer dans la signification, le voilà logé à l’enseigne du préconscient.”[16]

Si je cite Lacan pour mettre en relief l’impossibilité pour un sujet d’être conscient du savoir qui conditionne son existence, c’est pour jeter la lumière sur la limite du pouvoir d’intellection que l’on peut lui attribuer. Une juste intelligence présuppose qu’il y ait un rapport ou une proportion exacte entre une représentation psychique consciente et l’objet de connaissance représenté. Il sera inévitable de se demander dans quelle mesure un sujet, divisé entre la lumière de la conscience et les ténèbres de l’inconnu, pourrait-il accéder à une telle juste intelligence.

Pour y répondre, revenons au récit du cas de l’analysant pervers et au discours psychanalytique qui élucide sa jouissance. Ils serviront de point d’appui pour formuler l’hypothèse selon laquelle le sujet pris dans sa jouissance pourrait en avoir une juste intelligence.

On l’imagine arrivant épuisé au cabinet de son psychanalyste, après une de ses fatigantes mésaventures sexuelles ou criminelles. Son analyste l’écoute parler de ses transgressions à des lois, morales ou juridiques, mais aussi de sa véritable peur d’être découvert, puni, abandonné, ostracisé, renvoyé, etc. Il démontre même une bienveillance envers ses « victimes » et parfois il se dit séduit par l’idée de se tourner vers un chemin plus éthique. Songeons que peut-être son psychanalyste a longtemps hésité à fixer le diagnostic structural, et rien ne nous empêche d’émettre l’hypothèse selon laquelle l’analyste n’a même pas eu une juste intelligence de la jouissance de son patient.

Or, Joël Dor, pour une question de style narratif, nous fait croire que le personnage pervers avait pleine conscience de la stratégie liée à son mode de jouissance. Par exemple, il affirme que « (…) l’essentiel de la manœuvre perverse consiste à ajuster la cible aussi longtemps qu’il est nécessaire pour faire mouche au moment opportun »[17], et que le glissement de l’analyste de sa position qu’il avait jusqu’alors su maintenir « (…) c’était là le signal attendu par son patient pour assener les derniers coups de boutoir dans son entreprise perverse »[18]. Cependant, ce n’est pas le cas et il faut remettre en cause la supposition que la jouissance perverse soit un objet d’intelligence.

Une fois fixé ci-dessous que la juste intelligence implique la formation consciente d’un discours qui équivaut au déroulement d’une chaîne signifiante qui est la condition sine qua non, tantôt de l’émergence d’un sujet singulier en tant que représentation inconsciente, tantôt de l’effleurement pour ce sujet d’un savoir sur son expérience jouissive, on est en position d’avancer la réponse à l’interrogation qui me pousse à écrire.

 La jouissance perverse présuppose un savoir qui l’informe. En effet, comme Joël Dor l’a mis en évidence, la jouissance est un effet de l’agencement, de la mise en place d’une stratégie selon des règles de fonctionnement dictées par une structuration signifiante qui gravite autour du désaveu de la castration.

J’évoque Lacan encore une fois pour rappeler que :

Tout ce qui est de l’inconscient, ne joue que sur des effets de langage. C’est quelque chose qui se dit, sans que le sujet s’y représente ni qu’il s’y dise, – ni qu’il sache ce qu’il dit. Là n’est pas la difficulté.

L’ordre d’indétermination que constitue le rapport du sujet à un savoir qui le dépasse, résulte, peut-on dire, de notre pratique, qui l’implique, aussi loin qu’elle est interprétative.”[19] 

Le savoir qui conditionne l’émergence de la jouissance et qui informe la façon de jouir relève des effets de langage qui constituent, comme dit Lacan, « tout ce qui est de l’inconscient ». Ce qui emprisonne le sujet dans un état de jouissance est une stratégie liée à la dimension de ce qui est refoulé, à savoir le complexe de castration, et n’accède pas à la conscience. Par conséquent, il s’agit d’un savoir qui dépasse le sujet. En effet, les représentations psychiques de la chaîne signifiante structurée en fonction du désaveu de la castration sont mis à l’écart de la conscience et, de cette façon, hors de la portée du sujet divisé. Ces arguments issus de la théorie et de l’expérience analytique suffisent à nous convaincre qu’il n’est pas question d’admettre qu’il y ait pour un sujet une juste intelligence de sa jouissance.

Malgré  une telle conclusion, il n’en demeure pas moins que l’on s’interroge sur la possibilité, pour le psychanalyste ou – j’oserai avancer cette hypothèse – pour l’analysant en fin d’analyse, d’une juste intelligence de la jouissance d’un sujet par, respectivement, l’étude du cas clinique ou de ce qui se transmet dans la passe ; question que relève au bout du compte de la problématique de la transmissibilité du savoir psychanalytique et dépasse le but explicite de cet exercice.


[1]   Michaël FOESSEL, Jean LADRIÈRE, Yves GINGRAS, « CONNAISSANCE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/connaissance/

[2] Robert MISRAHI. La jouissance d’être. Le sujet et son désir. Essai d’anthropologie philosophique. Éditions Encre Marine, 1996, p. 96.

[3] Voyons son avis à propos de la place de l’inconscient dans sa pensée : « Je suis une conscience. Vous allez dire : ‘– Oui, conscience… d’accord, et l’inconscient ? Qu’est qu’il en fait, monsieur ?’. Rien ! Rigoureusement rien de l’inconscient. Parce que… de deux choses l’une : ou vous savez de quoi il s’agit, et c’est de la conscience ; ou c’est de l’inconscience, et vous ne savez pas de quoi il s’agit… et je refuse de parler de ce qui est inconnu. L’inconscient, c’est comme le bon Dieu. On peut en dire n’importe quoi, on ne sait pas ce que c’est et on la met à toutes les sauces pour résoudre les difficultés. Donc, je ne vous parle pas de la structure psychologique de l’individu. Je parle de la conscience de soi. » (Transcription d’un extrait de la conférence Pour un chemin de vie : La philosophie, l’éthique, le bonheur, qui a eu lieu le 18 Octobre 2012 à Paris. Consulté le 24 janvier 2018. URL : https://www.dailymotion.com/video/xvnhmr).

[4] « Cette jouissance [perverse], le pervers n’a jamais pour habitude de s’en montrer avare, pour peu qu’occasion opportune lui soit offerte d’y fourvoyer l’allié favorable à son déploiement : la médiation du tiers complice. » in Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 194.

[5] Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p.194-196.

[6] « Il y a donc, chez le pervers, coexistence de deux contenus psychiques qui se soutiennent contradictoirement. L’un prend acte du manque de la mère et de sa dépendance désirante vis-à-vis du père. L’autre récuse ce manque et contribue à renforcer le fantasme d’une mère non castrée. (…) Tous les pervers restent ainsi fixés à cette stase psychique, dans cet ‘entre-deux’ que constitue le passage dialectique de l’être à l’avoir. » (in Joël DOR. Clinique psychanalytique. Éditions Denoël, 1994, p. 127).

[7] Joël DOR. Clinique psychanalytique. Éditions Denoël, 1994, p. 119.

[8] Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 200.

[9] « L’un des terrains les mieux privilégiés au déploiement de l’agir pervers reste encore celui du secret, lequel constitue, par essence, un pôle d’attraction fascinant pour la transgression. » (DOR, Joël. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 196.)

[10] Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 200-2.

[11] Dans le cas rapporté, on voit bien un exemple de l’aspect de souffrance qui colore la jouissance : « L’analyste finit par identifier chez son patient un malaise grandissant et surtout la menace d’un danger imminent si rien ne vient introduire une pause dans ce débordement de jouissance. » (Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 201)

[12] Que l’on avance l’idée que le sujet existe, ce sera une hypothèse que je n’oserai pas nier, faute d’invalider la question qui fonde cet exercice de réflexion, ce qui n’empêche pas de penser son statut ontologique.

[13] Pierre-Christophe CATHELINEAU. Psychopathologie et philosophie : lire Marx avec Lacan. Leçon du 25 Septembre 2017 (Cursus Général de L’École Pratique des Hautes Études en Psychopathologies).

[14] Jacques LACAN. Subversion du sujet et dialectique du désir dans l’inconscient freudien, dans Écrits, Éditions du Seuil, 1966, p. 799-800.

[15] Idem.

[16] Idem.

[17] Joël DOR. Structure et perversions. Éditions Denoël, 1987, p. 201.

[18] Idem.

[19] Jacques LACAN. La Méprise du sujet supposé savoir prononcée à l’Institut français de Naples le 14 décembre, 1967. Consulté le 20 janvier 2018. URL : http://aejcpp.free.fr/lacan/1967-12-14.htm